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M. PELLETANT remercie vivement M. TOCHE pour cette généreuse initiative et justifie la demande de la commission d’être reçue par un représentant de la Réunion des musées nationaux, afin de permettre aux élus de mieux appréhender cet établissement et son action.
M. TOCHE souhaite effectuer un rappel historique sur la création et l’évolution de la RMN puis développer l’organisation actuelle de l’établissement et son rayonnement.
La RMN a été créée en 1895 avec pour mission essentielle de recueillir et gérer les fonds nécessaires à l’acquisition d’œuvres d’art (dons, legs) pour enrichir les collections nationales. Elle assure depuis 1930 l’organisation administrative et logistique de la plupart des expositions temporaires présentées dans les musées nationaux ; elle fait de même pour celles - les plus importantes - présentées dans les Galeries nationales du Grand Palais depuis leur ouverture en 1966. Elle est transformée en établissement public national à caractère industriel et commercial (EPIC), placé sous la tutelle du ministère de la culture, par décret du 14 novembre 1990. La RMN regroupait initialement quatre établissements : Le Louvre, le Château de Versailles, le musée du Luxembourg et le Château de St Germain-en-Laye. Elle travaille à présent avec 34 établissements de tailles très différentes (dont 22 musées parisiens et de région parisienne). Depuis 2004, 4 établissements perçoivent leurs propres droits d’entrée : le Louvre, Versailles, Orsay et le musée Guimet. La situation financière s’est dégradée et un nouvel équilibre financier s’est instauré après 2005 par le biais d’une activité commerciale plus intense. En 2007, l’Etat entend fixer des perspectives à la RMN par la signature d’un contrat de stratégie pour la période 2007/2009.
Les métiers et missions de la RMN sont exposés dans la plaquette en annexe.
L’organisation de la RMN est ensuite détaillée par M. TOCHE. Un organigramme classique dont il faut distinguer trois directions opérationnelles dans le secteur commercial et le service public.
LA DIRECTION COMMERCIALE ET MARKETING, diffuse les produits culturels de la RMN : ouvrages, produits dérivés, images, dans ses 40 librairies boutiques. 1/3 du chiffre d’affaires est réalisé sur celles du Louvre, du château de Versailles, des musées d’Orsay et Guimet. Des comptoirs de vente dans des musées nationaux qui n’ont pas le statut d’établissement public ou des concessions dans des musées territoriaux s’ajoutent aux points de diffusion (Musées de l’Orangerie, de Cluny, Picasso, Port Royal …).
LA DIRECTION DES EDITIONS se consacre à la diffusion de catalogues d’expositions livres, images, CD, DVD, moulages, chalcographie ou produits d’art ; elle participe aussi à la réalisation d’éditions scientifiques.
LA DIRECTION DU DEVELOPPEMENT CULTUREL réunit :
un département des publics qui gère les droits d’entrée pour les musées nationaux n’ayant pas leur autonomie, les visites, les conférences, la billetterie (vente en nombre à destination des comités d’entreprises, les tour-opérateurs…) ;
un département des expositions qui assure la logistique des expositions : régie des œuvres, scénographie, choix d’un architecte-scènographe, contrats de prêts et de coordination pour les expositions qui voyagent. Ce département gère les lieux d’expositions (réaménagement des galeries intérieures) ;
un département agence photographique pour inventorier les collections des musées nationaux et régionaux, les valoriser et assurer la diffusion des images du patrimoine national. C’est la première agence photographique d’art en France et la seconde en Europe. 61.000 images diffusées en 2006 et plus de 3 M€ de chiffre d’affaires dont 40 % à l’export.
Les fonds de l’armée, du British Museum ou de la maison Alinari à Florence ont été intégrés à l’offre photographique de la RMN.
Un département des acquisitions chargé pour le compte de la Direction des Musées de France d’assurer le secrétariat des commissions chargées des collections d’œuvres d’art. La RMN gère toutes les acquisitions des musées nationaux SCN (musée Service à Compétence Nationale) et les acquisitions des trésors nationaux pour l’ensemble des directions patrimoniales et des établissements publics relevant du ministère de la Culture.
M. TOCHE rappelle les actions les plus marquantes pour l’année 2006 : ouverture de deux nouvelles librairies boutiques avec l’ouverture au public du musée de l’Orangerie et du quai Branly ; les expositions du Grand Palais : Klimt, le Douanier Rousseau, Jungles à Paris, Italia Nova et Il était un fois Walt Disney ; Cézanne et Pissaro au Musée d’Orsay ; les grandes expositions coproduites avec la RMN…
Il évoque la grande rétrospective Courbet à l’automne prochain au Grand Palais, organisée par la RMN, le musée d’Orsay, le Metropolitan Museum of Art de New-York et la Communauté d’agglomération de Montpellier / Musée Fabre ainsi que l’exposition « Design contre design » destinée à attirer, cet automne également au Grand Palais, un public plus jeune comme pour l’exposition Disney (qui comptait 50 % de visiteurs de moins de 26 ans).
Afin de compléter leur information, il invite les membres de la commission à consulter le « Rapport d’activité 2006 » de la Réunion des Musées Nationaux. Cette brochure peut être consultée et téléchargée sur le site internet de la RMN www.rmn.fr ou sollicitée auprès de la Réunion des Musées Nationaux - 49 rue Etienne Marcel - 75001 PARIS (Tel 01 40 13 48 00).
Enfin, afin d’évoquer l’action de la RMN en régions, M. TOCHE cède la parole à Mme POUJADE.
Mme POUJADE présente, comme exemple emblématique de l’action en régions, l’exposition « Cézanne en Provence » organisée pour le centenaire de la mort de Paul Cézanne à Aix en Provence en 2006, en collaboration avec la Communauté du Pays d’Aix, et qui a enregistré 450.000 visiteurs.
Cet évènement a pu être réalisé à l’initiative d’un conservateur très attaché à son projet. 117 œuvres de collections publiques et privées internationales, représentant la Provence ou peintes en Provence ont été réunies. La RMN s’est occupée des relations avec les prêteurs, du transport des œuvres (850.000 €) des assurances (635.000 € pour un capital assuré d’un milliard et demi d’Euros). 12 voyages entre Washington et Aix, 16 autres voyages divers ; une scénographie de 400.000 € ; sécurité, surveillance, relations de presse… Un budget de 3.000.000 € hors catalogues.
L’ouverture du musée s’est effectuée 7/7 jours avec des nocturnes qui se sont prolongées tard dans la nuit compte tenu des files d’attente pour des visiteurs à 80 % français et 20 % étrangers. Cette exposition, appuyée par « l’année Cézanne » et soutenue par le mécénat, a représenté un budget de 9,7 millions d’Euros. Un travail pédagogique avec les classes d’Aix en Provence a été réalisé. 90 emplois saisonniers ont été créés. Un fort impact économique a été observé ; une étude, publiée par la Chambre de Commerce des Bouches du Rhône, peut être consultée sur internet (www2.ccimp.com/ImpactexpoCezanne.pdf)
Par le passé, la RMN s’est fait connaître pour ses grandes expositions en co-organisation à l’étranger, dans des grandes métropoles ; de nombreux échanges avec les pays de l’est ont également été effectués. Récemment, les régions ont commencé à présenter des expositions remarquables avec des échanges de fonds entre plusieurs villes. La RMN a été sollicitée pour une aide à la logistique. Elle s’est impliquée pour travailler avec et pour les villes en leur apportant une « caution » importante auprès des collectionneurs privés : assurer aux collectionneurs que le prêt de leurs œuvres bénéficiera des mêmes garanties de sécurité (assurance, transport…) que celles accordées aux grands musées.
La RMN souhaite développer ces partenariats avec les musées en régions et de grands projets se profilent comme l’exposition « Philippe de Champaigne » à Lille (27/4 au 15/8/2007) ou encore « Van Gogh et Monticelli » à Marseille en septembre 2008. Une nouvelle politique au service des collectivités territoriales pour des opérations majeures leur ouvre la possibilité de s’adjoindre une aide précieuse pour valoriser et promouvoir ces évènements (relations presse, édition, conseils en stratégie…).
A la suite de cet exposé, M. TOCHE interroge les membres de la commission sur les éventuelles questions qu’ils se posent.
M. COLON, Maire-Adjoint de RUEIL-MALMAISON (92) évoque le projet de création d’un musée municipal sur sa commune et souhaite connaître les formalités liées aux concessions de la RMN. M. TOCHE rappelle que les collectivités territoriales sont soumises au Code des Marchés Publics et doivent décider de la concession d’une activité pour permettre ensuite à la RMN de se positionner. Toutefois, il souligne qu’en matière d’expositions, il ne s’agit pas de « concessions » mais de « co-production » et qu’il est nécessaire pour cela qu’un large public soit envisagé pour que la RMN puisse intervenir.
La question des relations de la RMN avec les conservateurs est abordée : une forte réticence est constatée par rapport à l’activité commerciale liée aux évènements. Toutefois une meilleure compréhension est relevée ces dernières années pour l’enjeu de la réussite des expositions. Il ne faut pas générer des dérives mais l’intérêt touristique de l’aspect commercial est important. Lors de l’exposition Disney, les supports commerciaux se sont appuyés sur des liens littéraires. La reproduction d’objets ne pouvait concurrencer les produits Disney existants, il s’agissait de réaliser des produits dérivés.
M. PELLETANT souhaite connaître les modalités pour qu’une commune d’Ile-de-France puisse accueillir une exposition de taille moyenne co-organisée par la RMN.
M. TOCHE précise que le projet doit être étudié longtemps à l’avance (trois ans environ avant l’exposition) ; le musée doit posséder toutes les infrastructures suffisantes. Il rappelle les difficultés pour déplacer un public important. De même pour l’organisation par des communes détentrices d’oeuvres d’une manifestation en « résonance » avec des grandes expositions, un projet d’aménagement local est justifié.
M. BEQUET, Maire d’AUVERS-SUR-OISE (95), s’interroge sur les moyens de soutien en communication par la RMN. Il évoque l’exposition Corneille l’an prochain à Auvers-sur-Oise.
Mme POUJADE remarque qu’il y a peu de place dans la presse pour les manifestations en régions qui retiennent peu l’intérêt. Les artistes contemporains font en particulier l’objet d’une méfiance pour leur capacité à attirer un grand public. Cependant, Mme POUJADE propose, pour ce type d’évènement, de tenir à disposition des élus une liste de journalistes.
Les élus ressentent un délaissement de la banlieue.
M. TOCHE précise qu’il ne s’agit pas d’un choix. Il rappelle que chaque action doit trouver son financement et que la RMN s’autofinance à 85 % ; 15 % de subventions liées au maintien des métiers d’art (moulage etc…).
Toutefois, dans le cadre des missions envers les banlieues et les quartiers sensibles, une action est réalisée depuis trois ans sur 4 sites d’Ile-de-France (Compiègne, Port-Royal, Fontainebleau, Ecouen) ainsi qu’à Pau. Des ateliers accueillent des enfants de centres de loisirs et de vacances, pour des activités en relation avec les collections du musée du site. 10.000 enfants ont été accueillis l’an passé. Le financement s’opère par des crédits « politique de la ville », le mécénat, et la Direction des musées de France.
A ce propos, Mme DAGUIN-LAMBINET, Maire de MONTCEAUX-LES-MEAUX (77) s’interroge sur les moyens de sensibilisation des enfants du primaire pour les amener à s’intéresser à l’art.
M. GAULTIER-GUIBERT propose une dédramatisation de l’accès par les enfants aux musées et au patrimoine, en les invitant à s’intéresser tout d’abord au patrimoine local. Lorsque le budget des petites communes limite les actions en faveur de l’accès au patrimoine, les élus doivent fonctionner en collaboration avec d’autres villes.
M. PELLETANT interroge M. TOCHE sur la définition de la politique des projets d’évènements culturels en France et à l’étranger : existe-t-il un calendrier ?
M. TOCHE précise que la situation s’est compliquée avec l’autonomie des grands musées. Depuis la signature du contrat de performance, il est nécessaire de privilégier les coproductions. Il y a des commissions de programmation. La RMN est un service à compétence nationale et a une vocation internationale. Le groupe des grands organisateurs de musées se réunit et décide des grands projets ; ceux-ci sont liés aux collections.
Mme SMADJA, Conseillère Municipale de ROSNY-SOUS-BOIS (93), évoque la présence de musées sur sa commune liés au monde agricole et s’intéresse à la façon de faire venir quelques toiles en relation avec ce thème.
Mme POUJADE explique que la RMN n’a pas de collections ; il convient d’adresser une demande de prêt aux musées qui détiennent les œuvres convoitées mais elle précise toutefois que les conditions de prêt sont draconiennes.
Enfin, l’intérêt des élus se porte sur les modalités d’achat de billets d’entrée en nombre auprès de la billetterie de la RMN. M. GAULTIER-GUIBERT, confirme qu’il convient de s’adresser, à partir de 20 billets, à Musées et Compagnie - 49 rue Etienne Marcel - 75001 PARIS - Tel 01 40 13 49 13 - Fax : 01 40 13 49 11 - mail : museecie@rmn.fr .
M. PELLETANT remercie M. TOCHE, Mme POUJADE et M. GAULTIER-GUIBERT pour leur accueil. Il revient sur les travaux de la commission « patrimoine et tourisme » au cours des précédentes réunions et questionne les membres présents sur leurs attentes pour les prochaines réunions. Quels sujets aborder ? Quels interlocuteurs rencontrer ?
Il propose de rencontrer un responsable du MONUM (Centre des monuments nationaux) initiateur de l’ouverture du Donjon de Vincennes et de la rénovation de l’arc de triomphe.
Par ailleurs, il informe les membres de la commission d’une demande d’audience effectuée à la rentrée prochaine par l’AMIF auprès de Mme ALBANEL, Ministre de la Culture et de la Communication, au cours de laquelle M. PERNES, des membres du bureau de l’AMIF et de la commission patrimoine présenteront leur action dans ce domaine. Les membres de la commission seront tenus informés de cette démarche. Afin de permettre la communication d’informations dans de brefs délais, il serait souhaitable que chaque membre de la commission communique son adresse « e-mail » à l’AMIF. (n.masi@amif.fr)
Les Elus proposent de s’intéresser aux montages de projets (« AUDIT France », Agence Française d’ingénierie touristique), de rencontrer des responsables de « Maison de la France » pour la promotion des sites et monuments à l’étranger, de l’Office de Tourisme de Paris, de la FROTSI IDF. Ils apprécieraient également de pouvoir partager leurs expériences en se déplaçant directement sur les communes qui les y invitent. Les Elus d’AUVERS-SUR-OISE (95), ST OUEN (93), SANNOIS (95) ou FOSSES (95) sont d’ores et déjà volontaires.
Enfin, pour permettre aux Elus de comprendre le fonctionnement d’attribution des fonds européens, M. PELLETANT souhaiterait organiser un déplacement de la commission à Bruxelles pour rencontrer les membres du Bureau Permanent représentant l’Ile-de-France.
Sur ces propositions, M. PELLETANT clôt la réunion.
Documentation : METIERS ET MISSIONS DE LA RMN









